{"id":1340,"date":"2017-04-30T16:47:25","date_gmt":"2017-04-30T16:47:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lesamisdelaigle.com\/?p=1340"},"modified":"2017-04-30T17:00:40","modified_gmt":"2017-04-30T17:00:40","slug":"charles-merouvel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lesamisdelaigle.com\/?p=1340","title":{"rendered":"Charles M\u00e9rouvel"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_1341\" style=\"width: 620px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/www.lesamisdelaigle.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Charles-M\u00e9rouvel.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1341\" class=\"size-large wp-image-1341\" src=\"https:\/\/www.lesamisdelaigle.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Charles-M\u00e9rouvel-1016x1024.jpg\" alt=\"Charles Michel Eloi Chartier, dit  CHARLES MEROUVEL  1832 \u2013 1920 \" width=\"610\" height=\"615\" srcset=\"https:\/\/www.lesamisdelaigle.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Charles-M\u00e9rouvel-1016x1024.jpg 1016w, https:\/\/www.lesamisdelaigle.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Charles-M\u00e9rouvel-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.lesamisdelaigle.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Charles-M\u00e9rouvel-298x300.jpg 298w, https:\/\/www.lesamisdelaigle.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Charles-M\u00e9rouvel-50x50.jpg 50w, https:\/\/www.lesamisdelaigle.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Charles-M\u00e9rouvel-57x57.jpg 57w, https:\/\/www.lesamisdelaigle.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Charles-M\u00e9rouvel.jpg 1469w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1341\" class=\"wp-caption-text\">Charles Michel Eloi Chartier, dit<br \/>CHARLES MEROUVEL<br \/>1832 \u2013 1920<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: xx-large;\"><b>UN AIGLON \u00c0 RED\u00c9COUVRIR<\/b><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Charles M\u00e9rouvel est l\u2019un des romanciers populaires les plus brocard\u00e9s par les esprits forts, non pas tant pour les d\u00e9fauts de son \u0153uvre que pour les titres de ses romans.<\/span><\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Il avait inaugur\u00e9 la c\u00e9l\u00e8bre collection \u00e0 65 centimes, \u00ab\u00a0Le Livre Populaire\u00a0\u00bb, \u00e9dit\u00e9 par Fayard. Aux yeux de beaucoup, \u00e0 la veille de la guerre de 1914, ses romans populaires \u00e9taient \u00e9crits pour l\u2019abrutissement des masses laborieuses. Combien parmi ces censeurs s\u2019\u00e9taient donn\u00e9 la peine de les lire\u00a0?<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Si les livres de Charles M\u00e9rouvel sont aujourd\u2019hui d\u00e9mod\u00e9s, ils ne le sont pas plus que ceux de Paul Bourget, Paul Adam, Marcel Pr\u00e9vost ou Claude Farr\u00e8re. Il fut avec Jules Mary, et bien d\u2019autres, un des ma\u00eetres du roman populaire mondain qui irrite souvent par sa complaisance dans la description de la vie des classes ais\u00e9es, \u00e0 la fin du XIX\u00b0 sicle, avec h\u00f4tels particuliers, ch\u00e2teaux en province, nobles ch\u00e2telaines, tra\u00eetres \u00e0 monocles, et o\u00f9 le peuple n\u2019appara\u00eet gu\u00e8re que sous la livr\u00e9e de domestiques tant\u00f4t d\u00e9vou\u00e9s corps et \u00e2mes \u00e0 leur ma\u00eetres, tant\u00f4t envieux, sournois et m\u00e9chants. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Pourtant, \u00e0 bien y regarder, on trouve chez M\u00e9rouvel une grande g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de c\u0153ur et de pens\u00e9e, mais aussi un regard \u00e0 la fois critique et blas\u00e9 sur ce milieu. L\u2019auteur cherchant \u00e0 d\u00e9peindre les derni\u00e8res ann\u00e9es d\u2019un monde condamn\u00e9, vivant sur lui m\u00eame de ses souvenirs et de sa grandeur pass\u00e9e sans prise sur l\u2019avenir.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Il n\u2019est pas, comme son contemporain Zola, qui ne conna\u00eet le grand monde que par les ragots des domestiques. C\u2019est par sa m\u00e9ditation sur la vanit\u00e9 de cette haute bourgeoisie qu\u2019il porte un regard nuanc\u00e9 sur les hommes et les choses.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">N\u00e9 Charles Chartier, le 1<\/span><sup><span style=\"font-size: x-large;\">er<\/span><\/sup><span style=\"font-size: x-large;\"> D\u00e9cembre 1832 \u00e0 L\u2019Aigle, d\u2019Armand Chartier et de Val\u00e9rie Touchard, ses parents tenaient une \u00e9picerie mercerie gros et d\u00e9tail rue Thiers, ainsi qu\u2019une petite fabrique de cierges et chandelles. Son p\u00e8re tenait souvent l\u2019orgue de saint Martin. Il prit plus tard son pseudonyme de M\u00e9rouvel du nom de ce hameau de L\u2019Aigle, o\u00f9 il poss\u00e9dait une propri\u00e9t\u00e9 o\u00f9 habitait encore sa petite fille, mademoiselle Mouchel.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Ils eurent six enfants dont les deux premiers moururent pr\u00e9matur\u00e9ment. Charles, ainsi que son fr\u00e8re Henri, fit de brillantes \u00e9tudes au petit S\u00e9minaire de S\u00e9es. Il obtint son baccalaur\u00e9at en 1853 et fut plac\u00e9 \u00e0 Paris chez un notaire, Me Denormandie. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">En 1856, il se fit inscrire au barreau de Paris comme avocat, puis \u00e0 celui de L\u2019Aigle l\u2019ann\u00e9e suivante. Ces activit\u00e9s l\u2019inspireront plus tard pour ses romans.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">En 1857, il \u00e9pouse Camille Vantillard \u00e2g\u00e9e de dix-huit ans, fille de l\u2019industriel. Le jeune couple s\u2019installa \u00e0 Paris o\u00f9 il d\u00e9vora rapidement sa petite fortune. De leur union na\u00eetront un gar\u00e7on et trois filles.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Revenu \u00e0 L\u2019Aigle comme avocat, il fut attach\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude de Me Beautier, notaire, pour le commerce des biens. Il habitait une belle maison de la rue Saint Jean. Sa fille a\u00een\u00e9e Jeanne et son fils Charles y naquirent. Il vendit ensuite cette maison \u00e0 des amis, les Maillard et sa deuxi\u00e8me fille vint au monde dans une autre maison au 34 de la m\u00eame rue. La troisi\u00e8me, Charlotte, devait na\u00eetre \u00e0 M\u00e9rouvel dans la demeure qu\u2019il avait fait construire en 1867, apr\u00e8s le passage de la ligne du chemin de fer. Le terrain touchait celui de ses beaux parents.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Aimant par dessus tout la vie champ\u00eatre, les longues promenades en for\u00eat et la chasse, Charles Chartier \u00e9tait un fort bel homme de grande taille, v\u00eatu \u00e9l\u00e9gamment et bien que d\u2019origine modeste sa prestance \u00e9tait celle d\u2019un gentilhomme campagnard.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">S\u2019il n\u2019avait pu effectuer son service militaire en raison d\u2019une forte myopie, ce qui l\u2019amena \u00e0 toujours porter lorgnons, il ne s\u2019en distingua pas moins comme franc tireur pendant la guerre de 1870. Par arr\u00eat\u00e9 pr\u00e9fectoral du 23 Octobre 1870, il fut autoris\u00e9 \u00e0 organiser un corps de francs-tireurs dont il aura le commandement avec le titre de capitaine dans l\u2019avant garde du g\u00e9n\u00e9ral Malherbe.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">On rapporte \u00e0 ce sujet une embuscade en for\u00eat de L\u2019Aigle, le long de la route \u00e0 l\u2019endroit dit de \u00ab\u00a0La Briqueterie\u00a0\u00bb o\u00f9 cinq (six selon les sources) ulhans devaient trouver la mort. Leur officier, que sa cuirasse avait prot\u00e9g\u00e9, tomba de cheval, sous le choc la pointe de son casque lui d\u00e9fon\u00e7a le cr\u00e2ne. Ce casque et les armures furent remis \u00e0 la mairie de L\u2019Aigle avant la guerre de 1939, mais on ne sait ce qu\u2019ils sont devenus. Ce fait d\u2019armes fut repris dans un de ses romans, Les Tr\u00e9mor, mais il le situa dans le Morvan.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Apr\u00e8s cet \u00e9v\u00e9nement les Prussiens voulaient se venger en br\u00fblant M\u00e9rouvel. Camille partit avec les trois enfants se cacher dans une ferme nomm\u00e9e le Perron, \u00e0 Saint Symphorien. Les francs tireurs venaient y chercher une marmite de soupe port\u00e9e par deux hommes tenant un long b\u00e2ton sur leurs \u00e9paules, il faisait un froid terrible, il gelait dans les pauvres maisons. Toute l\u2019arm\u00e9e du Prince Fr\u00e9d\u00e9ric Charles d\u00e9fila sur la route Paris Granville.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Enfin, la guerre termin\u00e9e, ils revinrent dans leur maison de M\u00e9rouvel o\u00f9 naquit leur derni\u00e8re fille Camille et Charles reprit ses fonctions d\u2019avocat \u00e0 L\u2019Aigle.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Pendant ses loisirs Chartier \u00e9crivait, d\u2019abord des articles dans un journal local sous le pseudonyme de Saint Yves. Il voyageait beaucoup pour son activit\u00e9 de commerce de biens immobiliers. De cette activit\u00e9 il prit le go\u00fbt d\u2019investir dans des propri\u00e9t\u00e9s fonci\u00e8res et acquit la parfaite connaissance des ch\u00e2teaux et parcs qui lui serviront de cadre pour ses romans. On sent chez M\u00e9rouvel l\u2019amour des bois, des hautes futaies, des vastes clairi\u00e8res. C\u2019est parmi ces paysages de for\u00eat que se situent ses meilleures pages.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Ses ambitions litt\u00e9raires avaient pris la forme, d\u00e8s 1853 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 21 ans, d\u2019une pi\u00e8ce \u00ab\u00a0Peines d\u2019amour\u00a0\u00bb qui fut re\u00e7ue plus tard au Th\u00e9\u00e2tre Fran\u00e7ais. En 1876, il d\u00e9cida de revenir \u00e0 Paris pour tenter fortune en \u00e9crivant des romans feuilletons pour les journaux.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 42 ans qu\u2019il prit le pseudonyme de Charles M\u00e9rouvel et devint le romancier populaire que nous connaissons. Pendant 45 ans il ne cessa de publier au rythme de plusieurs volumes par an. Devenu c\u00e9l\u00e8bre, Jean Dupuy l\u2019appela pour \u00e9crire des feuilletons dans \u00ab\u00a0Le Petit Parisien\u00a0\u00bb qu\u2019il venait de fonder. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Puis ses romans furent \u00e9dit\u00e9s en librairie chez \u00ab\u00a0Dentu\u00a0\u00bb repris plus tard par Arth\u00e8me Fayard. C\u2019est ce dernier qui inaugurera sa fameuse collection du Livre Populaire, tr\u00e8s recherch\u00e9e des collectionneurs, par \u00ab\u00a0Chaste et Fl\u00e9trie\u00a0\u00bb en 1890. Fort bien construit et men\u00e9, ce n\u2019est pourtant pas le meilleur de l\u2019auteur.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Le \u00ab\u00a0P\u00e9ch\u00e9 de la G\u00e9n\u00e9rale\u00a0\u00bb est certainement l\u2019ouvrage le plus caract\u00e9ristique de cette premi\u00e8re p\u00e9riode, roman \u00e0 l\u2019intrigue assez simple b\u00e2ti comme une pi\u00e8ce en trois actes et non d\u00e9nu\u00e9 d\u2019ambitions litt\u00e9raires. Plus tard, il compliquera ses intrigues, usera des vieilles ficelles du m\u00e9tier, mais toujours port\u00e9 par un canevas tr\u00e8s pr\u00e9cis. Puis M\u00e9rouvel \u00e9crira uniquement pour \u00ab\u00a0Le Petit Parisien\u00a0\u00bb, dont il deviendra le feuilletoniste attitr\u00e9. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">S\u2019il d\u00e9sapprouve le fantastique social \u00e0 la Eug\u00e8ne Sue ou \u00e0 la Ponson du Terrail, o\u00f9 une belle jeune fille se voit contrainte par son entourage d\u2019\u00e9pouser un riche vieillard. On retrouvera n\u00e9anmoins plusieurs fois ces unions mal assorties, bas\u00e9es sur l\u2019argent.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Le petit monde de M\u00e9rouvel est assez restreint. C\u2019est d\u2019abord une noblesse sans fonctions dont les revenus proviennent de vastes domaines campagnards, o\u00f9 seules les carri\u00e8res dans l\u2019arm\u00e9e ou la diplomatie semblent autoris\u00e9es, passant une partie de l\u2019ann\u00e9e dans leur ch\u00e2teau en province, l\u2019autre \u00e0 Paris, dans leur h\u00f4tel particulier proche du Bois de Boulogne ou du Parc Monceau.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Parfois M\u00e9rouvel renouvelle son inspiration. Ainsi \u00ab\u00a0La Veuve au cent millions\u00a0\u00bb met en sc\u00e8ne madame Boucicaut, la fondatrice du Bon March\u00e9, qu\u2019il connaissait bien. Ou bien encore une rivalit\u00e9 entre deux fr\u00e8res, \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9tranger\u00a0\u00bb, voire m\u00eame un roman d\u2019espionnage \u00ab\u00a0Alli\u00e9e\u00a0\u00bb. Si son pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 reste \u00ab\u00a0Damn\u00e9e\u00a0\u00bb, il aurait aim\u00e9 \u00e9crire des romans historiques comme il le fit avec \u00ab\u00a0Thermidor\u00a0\u00bb..<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Ses romans connurent, d\u00e8s leur publication, un tr\u00e8s gros succ\u00e8s. C\u2019est certainement par le feuilleton qu\u2019il sut retenir ses lecteurs, ma\u00eetrisant parfaitement l\u2019art du suspense qui s\u2019appelait alors \u00ab\u00a0la suite au prochain num\u00e9ro\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">S\u2019il a plac\u00e9 ses romans dans des ch\u00e2teaux un peu partout en France, c\u2019est principalement dans sa Normandie natale, la r\u00e9gion entre L\u2019Aigle et Mortagne qu\u2019il d\u00e9crit toujours avec une certaine tendresse. S\u2019il a d\u00e9crit aussi la c\u00f4te, il affectionnait le Cotentin, sa pr\u00e9dilection ira \u00e0 la for\u00eat normande, ainsi qu\u2019\u00e0 celle de Compi\u00e8gne o\u00f9 il allait \u00e0 la chasse, proche de son moulin de Bailly dans l\u2019Oise. Peu apr\u00e8s, il fit \u00e9galement l\u2019acquisition de la terre de Surmont une propri\u00e9t\u00e9 de 135 hectares, ferme et bois ayant appartenu aux comtes de Puisaye, gouverneurs de la province du Perche, qui habitaient Mortagne. Apr\u00e8s Surmont, il acheta en 1898 la terre de Fel, pr\u00e8s de Chambois, au marquis de Chasseloup-Laubat. Ses parents s\u2019\u00e9taient mari\u00e9s dans l\u2019\u00e9glise de Chambois. Puis encore une villa, boulevard de Hautpoul \u00e0 Trouville, enfin un immeuble \u00e0 Paris rue Bassano.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">\u00c0 Paris, il fut un habitu\u00e9 d\u2019un cercle d\u2019arts et de lettres, le Cercle des Capucines, dans la rue \u00e9ponyme, dont il fut m\u00eame un temps le pr\u00e9sident. Chaque mois, ce Cercle, un des plus distingu\u00e9 de la capitale, permettait d\u2019avoir un invit\u00e9. Ainsi M\u00e9rouvel y pr\u00e9senta Andr\u00e9 Gide, qui habitait alors le ch\u00e2teau de la Roque-Baignard, dans le Calvados. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Gide se plaignit un jour que son r\u00e9gisseur le volait, M\u00e9rouvel lui offrit de reprendre son domaine, sauf le ch\u00e2teau.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">M\u00e9rouvel, meilleur administrateur, fit prosp\u00e9rer cette propri\u00e9t\u00e9 qui appartient aujourd\u2019hui \u00e0 une de ses petites filles, Melle Davis (1). <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">C\u2019est \u00e9galement dans ce Cercle qu\u2019il c\u00f4toya un monde \u00e9tranger assez disparate de sud-am\u00e9ricains, de levantins\u2026 qu\u2019il croqua en personnages plus ou moins sympathiques dans ses romans.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Un de ses grands amis, avocat \u00e0 l\u2019ambassade de Russie, s\u2019appelait Barkowski, dit Barkof. Un autre, le prince Don Jaime de Bourbon, aimait qu\u2019on l\u2019appel\u00e2t Monseigneur.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">De son fauteuil \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra ou sous les lustres du Palais Garnier, il se passionna pour nombres d\u2019artistes, de musiciens ou de spectateurs, principalement f\u00e9minins, que l\u2019on retrouvera dans plusieurs romans.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">M\u00e9rouvel vivait une partie de l\u2019ann\u00e9e dans ses nombreux domaines. El\u00e9gant \u00e0 la ville, on le croisait \u00e0 la campagne avec un vieux pantalon \u00e0 carreaux. Il travaillait beaucoup. Il aimait \u00e0 parcourir les champs et les for\u00eats des environs dans une petite voiture attel\u00e9e d\u2019un cheval blanc qu\u2019il conduisait tout pr\u00e8s du foss\u00e9 par peur des autos qu\u2019il d\u00e9testait \u00e0 cause de leurs sir\u00e8nes.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Commen\u00e7ant \u00e0 \u00e9crire tr\u00e8s t\u00f4t et souvent jusque tard dans la nuit, il portait des manchettes en batiste, se servait d\u2019un porte plume en li\u00e8ge et de plumes d\u2019oie, tout comme Paul L\u00e9autaud, couvrant les pages d\u2019une \u00e9criture tr\u00e8s difficile \u00e0 d\u00e9chiffrer. Devenu veuf en 1900, il vivait simplement servi par une femme de chambre alsacienne et une cuisini\u00e8re bretonne.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Pendant 35 ans, il habita un appartement parisien de la famille de Torcy, au n\u00b0 2 de la rue Tronchet.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">La guerre de 1914 ne ralentit pas son effort, pourtant \u00e2g\u00e9 de plus de 81 ans, sacrifiant comme ses confr\u00e8res au genre\u00a0\u00ab\u00a0patriotique\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">En 1920, contractant une double pneumonie, il dut se retirer \u00e0 Mortagne, aupr\u00e8s de son fr\u00e8re Henry l\u2019ancien sous pr\u00e9fet devenu maire de cette ville. Il mourut le 20 Juin 1920, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 88 ans. Il est enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re de cette ville.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Si le Ministre de l\u2019Instruction Publique, Georges Leygues, lui avait fait obtenir la L\u00e9gion d\u2019Honneur, il avait toujours refus\u00e9 de se pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise, pr\u00e9textant que son public, essentiellement populaire, compos\u00e9 de gens modestes, attendait de lui des feuilletons au p\u00e9rip\u00e9ties multiples et qu\u2019il se devait d\u2019abord \u00e0 ce public qui avait fait de lui ce qu\u2019il \u00e9tait.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Le souvenir de Charles M\u00e9rouvel flotte encore \u00e7\u00e0 et l\u00e0 comme la brume sur les \u00e9tangs du Perche qu\u2019il affectionnait tant. Il avait abandonn\u00e9 sa propri\u00e9t\u00e9 de M\u00e9rouvel \u00e0 la mort de sa femme et l\u2019avait mise en location.. Reprise par la famille c\u2019est la plus ancienne des demeures de M\u00e9rouvel et la rue porte d\u00e9sormais ce nom.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Jean-Luc Paulhe<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">Les Amis de l\u2019Aigle<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a name=\"_GoBack\"><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\">(1) <\/span><span style=\"font-size: x-large;\"><i>Les Amis de L\u2019aigle l\u2019ont visit\u00e9 lors de leur sortie du 30 juin 2013.<\/i><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\"><i>Bibliographie\u00a0:<\/i><\/span><\/p>\n<ul>\n<li>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\"><i>\u00ab\u00a0Charles M\u00e9rouvel\u00a0\u00bb, par Maurice Dubourg, publi\u00e9 par \u00ab\u00a0Le Mois \u00e0 Caen\u00a0\u00bb D\u00e9cembre 1973<\/i><\/span><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: x-large;\"><i>\u00ab\u00a0Un aiglon renomm\u00e9, Charles M\u00e9rouvel\u00a0\u00bb, par Jeanne Mouchel, publi\u00e9 par \u00ab\u00a0Au Pays d\u2019Argentelles\u00a0\u00bb La revue culturelle de l\u2019Orne, Avril 1977, N\u00b04<\/i><\/span><\/p>\n<\/li>\n<li><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; UN AIGLON \u00c0 RED\u00c9COUVRIR &nbsp; Charles M\u00e9rouvel est l\u2019un des romanciers populaires les plus brocard\u00e9s par les esprits forts, non pas tant pour les d\u00e9fauts de son \u0153uvre que pour les titres de ses romans. Il avait inaugur\u00e9 la c\u00e9l\u00e8bre collection \u00e0 65 centimes, \u00ab\u00a0Le Livre Populaire\u00a0\u00bb, \u00e9dit\u00e9 par Fayard. 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