Association de sauvegarde du patrimoine Aiglon

Sortie du 15 octobre 2017

Château de Gannes

 

QUAND LA LEGENDE S’EMPARE DE L’HISTOIRE – UN EPISODE DE LA GUERRE DE CENT ANS

GANNES EN L’HOME-CHAMONDOT

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Sur le territoire de la commune de L’HOME-CHAMONDOT, en venant du village , après avoir traversé « La Jambée », et à environ 300 m d’une petite route conduisant à ST MAURICE LES CHARENCEY, après le hameau de La Motte ; on aperçoit des murailles qui sont les restes de l’ancienne forteresse de GANNES.DSC_0435

Ces murs en partie rasés à l’ouest forment encore aujourd’hui un quadrilatère irrégulier de 120 m de périmètres élevés sur une motte. Une inscription à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en date du 11 octobre 1933 a certainement contribué à éviter sa totale destruction. Le côté vers l’est offre encore une façade d’une dizaine de mètres de hauteur. La partie vers le chemin d’accès à l’ouest a servi de carrière de pierres durant les siècles passés.

Le premier cadastre de 1831 dit plan Napoléonien montre les anciennes douves qui protégeaient l’édifice mais le grand étang qui ceinture maintenant en grande partie les Ruines n’a été créé qu’en 1968. Cet étang ajoute encore au charme du lieu.

L’intérieur a été bouleversé par des recherches faites à diverses époques notamment par des fouilles en 1956 qui ont amené la découverte de fragments de poteries, de débris d’armes et de fers à chevaux.

Mais GANNES garde son mystère…..On ne connaît que très peu de choses concernant ce château qui semble remonter au moins au XIIème siècle et qui aurait dépendu de la Baronnie de LONGNY.

Il est intéressant de noter que ce nom de « GANNES » se retrouve dans les légendes et les chansons de geste ; il y avait à Montmartre au temps de CHARLEMAGNE une tour de GANNES et à ce nom s’attachent certains mystères de trahison….le traître GANELON n’avait t’il pas causé la perte de ROLAND à RONCEVAUX ?

On sait que le château de GANNES fut incendié en 1428 . A cette époque toute la région percheronne fut dévastée. Une grande partie de la noblesse fut anéantie lors de la bataille de Verneuil le 17 août 1424.

Cet épisode de la guerre de Cent Ans se situe donc avant la prise d’Orléans en 1429.

Le capitaine anglais : Thomas MONTAIGU, Comte de SALISBURY qui prit GANNES fut tué peu de temps après, lors du siège d’Orléans.DSC_0438

C’est en bordure de la forêt de Charencey que les compagnies anglaises se sont frayé un passage dans le but de gagner Orléans avec mission de détruire, chemin faisant, tous les châteaux fortifiés. Parvenues au sommet du plateau ; elles se fractionnèrent en deux phalanges : l’une attaqua le château de Marchainville et l’autre arriva au pied de GANNES.

A ce propos ; il est donc rapporté le récit légendaire de ce siège fameux (d’après la Normandie monumentale et pittoresque, récit de QUESNAY de BEAUREPAIRE)

Comme l’indiquait en l965, Jean ANGERS (qui mena des fouilles en 1956) et alors professeur à CHAMPTHIERRY dans le Bulletin de la Société Historique et Archéologique de l’Orne :

«  Que sans doute le château de GANNES est-il encore loin d’avoir révélé tous ses secrets. Dès maintenant, il paraît certain que de nouvelles prospections menées avec discernement et selon une méthode rigoureuse fournirait de nouveaux éléments sur l’époque de la Guerre de Cent-Ans »

En tout cas et dans un premier temps ; il apparaît évident que c’est surtout les actions permettant de pérenniser les ruines existantes qu’il convient de mener pour protéger ce lieu tragique, empreint de poésie.

 

 

 

 

 

 

 

Château de la GRANDE NOË

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Entre trois magnifiques massifs forestiers, dans cette belle région du Perche ornais , La Grande Noë est un ancien rendez-vous de chasse des ducs d’Alençon.

Propriété d’élus aux bailliage de Chartres, celle-ci est restée depuis 600 ans dans leur descendance. La maison, au centre d’un important domaine rural, bénéficie toujours – malgré vents et tempêtes – d’un parc de 15 hectares planté d’essences rares.sortie du 15 octobre 2017 010

En arrivant par l’avenue, ne vous fiez pas à la façade principale – celle-ci est certes début XIXè – mais la maison est beaucoup plus ancienne. Il n’est que de regarder les autres bâtiments et les nombreux communs (buanderie – four à pain, colombier, orangerie, charreterie, chenil, bûcher, écuries…) pour s’en rendre compte. Les caves voûtées ainsi que les murs de soutènement du corps de logis principal datent d’ailleurs du manoir primitif.sortie du 15 octobre 2017 006

Déjà en 1393, un acte notarié fait état d’une donation de Pierre de Mineray en tant que « Seigneur de la Grande Noë ». Terre noble, on trouve la trace d’aveux féodaux pour la Grande Noë dès l’An 1404. En 1610, la terre passe par mariage de la dernière du nom ( Anne de Mineray) aux Trousseauville puis – l’histoire se répète souvent – aux d’Escorches. A l’époque, la maison est agrandie et divers travaux d’aménagement sont entrepris. sortie du 15 octobre 2017 007Cette puissante famille se maintient à la Grande Noë jusqu’en 1804, date du mariage de l’héritière avec Jean-Charles de Bernard de Marigny, dont une branche s’est rendue célèbre par sa participation aux guerres de Vendée. Quant à Jean-Charles, il émigra en Ecosse d’où il revint au début du Consulat, muni d’un « certificat d’amnistie » en date du 26 Frimaire an 11 de la République française. Il en rapporta un goût prononcé pour le style Adam, alors en pleine faveur de l’autre côté de la Manche. Des choix esthétiques qui furent habilement transposés à La Grande Noë par un collaborateur de l’architecte. Ils valent au château d’intéressants décors en trompe-l’œil, dans le hall d’entrée et la cage d’escalier, deux chambres et un pavillon. En 1825, la maison passe à une branche cadette des Viennay.sortie du 15 octobre 2017 009

Pendant la guerre de 1870, alors maire et conseiller général de l’Orne, le baron de Viennay se fait ambulancier et transforme la maison en hôpital de campagne. En 1863, un mariage Longcamp – Viennay entraîne un nouveau changement de propriétaires. La même famille y demeure depuis lors.sortie du 15 octobre 2017 008 Pas d’acte de vente, ni de destructions notables depuis les origines, donc. Pourtant les choses auraient fort bien pu mal tourner pendant la Seconde Guerre mondiale. De 1940 à 944, Madame Robert de Longcamp tenait absolument à ce que la famille continue d’habiter la maison, alors réquisitionnée par l’armée d’occupation.sortie du 15 octobre 2017 011 Cela ne l’empêchait nullement de préparer le débarquement allié, comme agent de renseignement au sein d’une cellule de résistance commandée par le lieutenant Levesque. Aujourd’hui, la maison est toujours et habitée par ses descendants. Ils ont ouvert trois chambres d’hôtes en 1992, et 6 cabanes dans les arbres en 2011.

MANOIR DE BOISCORDE

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Le manoir de Boiscorde se présente aujourd’hui sous la forme de deux bâtiments perpendiculaires accolés dont les façades sont percées d’ouvertures renaissance (fin XVème, début XVIème).P1050751

Les travaux de restauration engagés en 2015 et l’observation des traces archéologiques sur la façade sud, notamment les traces d’ouvertures en plein cintre (arc de cercle), prouvent que le bâtiment est plus ancien sans qu’il ait été possible pour l’instant de remonter plus précisément dans son histoire.

A l’est du logis une tour de guet et d’habitation contemporaine du manoir à laquelle a été adjointe plus tardivement (XVIIème) une tourelle d’escalier, au sud est un pigeonnier, les deux reliés par le mur d’enceinte. Une grange et des batiments d’exploitation complètent le pourpris du manoir.

La première mention d’un propriétaire de Boiscorde date de 1457. Il s’agit alors de Robin du Grenier, époux de Massime de Cochefilet, également propriétaire du manoir de la Pellonière au Pin la Garenne. C’est leur fils, Jean du Grenier et son épouse Pierrette de Clinchamps qui sont probablement à l’origine du manoir tel qu’on le connait aujourd’hui.P1050745

La famille du Grenier, puis par alliance la famille de Lescuyer restent propriétaire de Boiscorde jusqu’au milieu du 18ème siècle. S’y succèderont ensuite Antoine Pierre de Chaumont et Etienne François d’Aligre qui émigre au moment de la Révolution. Boiscorde est alors vendu en 1794 comme bien national. Les batiments comme les terres sont divisés en 11 lots distincts.DSC_0466

En 1856, Boiscorde est acheté par le comte d’Andlau propriétaire du château de Voré et descendant d’Helvétius. En 1987, le manoir, le mur d’enceinte et les deux tours sont inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Le domaine restera dans la famille d’Andlau jusqu’à la fin des années 80. Deux propriétaire s’y succèdent jusqu’en 2014 ou M. et Mme Floquet acquièrent le domaine et entament sa restauration.

Un pourpris (parfois rencontré sous la variante « pourprins » ou encore « porpris ») est une enceinte, un enclos et parfois une demeure, dans la France de l’Ancien Régime. La réalité désignée par le mot « pourpris » dépasse celle d’un simple jardin en ce qu’elle recouvre les différents éléments d’un domaine ..

Église Notre-Dame du Mont-Harou

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L’église Notre-Dame du Mont-Harou est une église catholique située à Moutiers-au-Perche, dans le département de l’Orne.sortie du 15 octobre 2017 025

sortie du 15 octobre 2017 024Histoire

Peu après le retour du comte Rotrou III du Perche de la première croisade, les moines de l’abbaye Saint-Laumer obtiennent un certain nombre de privilèges pour rétablir une vie monastique sur le berceau de leur fondateur. Après avoir rétabli les bâtiments près de la Corbionne, les moines, aidés des villageois construisent une grande église à flanc de coteau.sortie du 15 octobre 2017 026

sortie du 15 octobre 2017 021L’église est agrandie ou modifiée à plusieurs reprises. Elle est classée au titre des monuments historiques depuis le 18 novembre 1941.sortie du 15 octobre 2017 020

Architecture et décoration

L’église présente des éléments datant des XIe, XIIIe, XVe et XVIe siècles. L’orgue datant de 1590 environ, installé dans un buffet de 1716, restauré en 1990 par le facteur d’orgue Jean-François Dupont, compte neuf jeux.

Le portail de l’église est un portail de type roman.sortie du 15 octobre 2017 019sortie du 15 octobre 2017 022 Au plafond de la sacristie, une des plus belles fresques encore existantes du Perche représente le Christ en majesté entouré des quatre Évangélistes.