Association de sauvegarde du patrimoine Aiglon

Jean-Baptiste Biot

Jean-Baptiste Biot

 

 

Jean-Baptiste Biot (21 avril 1774 à Paris – 3 février 1862 à Paris, 5e) est un physicien, astronome et mathématicien français, pionnier de l’utilisation de la lumière polarisée pour l’étude des solutions.

Origine familiale et formation

Le père de Jean-Baptiste Biot, Joseph Biot, était originaire d’un village de Lorraine, près DSC_6908 10de Bourbonne-les-Bains. Issu d’une famille de cultivateurs, il était employé à la trésorerie. Jean-Baptiste Biot fait des études secondaires (humanités) à Paris au collège Louis-le-Grand jusqu’en 1791. Il reçoit ensuite des leçons particulières de mathématiques d’Antoine-René Mauduit. Son père l’envoie ensuite au Havre se former au commerce auprès d’un négociant. Afin d’échapper à cette condition, Biot s’engage à 18 ans (septembre 1792) comme canonnier volontaire au 9e bataillon de la Seine-Inférieure ; il participe notamment à la bataille de Hondschoote. Atteint d’un plica au genou, il est hospitalisé, puis rentre à Paris en septembre 1793. Il commence des études d’ingénieur à l’École des ponts et chaussées en janvier 1794, puis rejoint l’École centrale des travaux publics (future École polytechnique) à son ouverture en décembre 1794 au Palais Bourbon. Il y est notamment chef de brigade. Un an plus tard (octobre 1795), il rejoint à nouveau l’École des ponts et chaussées pour terminer sa formation d’ingénieur.

Carrière académique 

C’est vers l’enseignement que Biot oriente sa carrière après ses études d’ingénieur. Il devient professeur de mathématiques à l’École centrale du département de l’Oise à Beauvais en mars 1797, poste qu’il occupe durant 4 ans, et publie le contenu de ses leçons destinées aux candidats à l’École polytechnique en 1802 (Essai de géométrie analytique : appliquée aux courbes et aux surfaces du second ordre). Grâce à l’appui de Laplace, il est nommé en novembre 1800, âgé de 26 ans, professeur de physique mathématique au Collège de France, succédant à Jacques Antoine Joseph Cousin, démissionnaire1. Il enseigne à l’Athénée de Paris de 1803 à 1806. Nommé premier titulaire de la chaire d’astronomie de la faculté des sciences de Paris le 18 avril 1809, il devient docteur ès sciences par collation le 5 août de la même année. Il est entre 1816 et 1826 chargé de la moitié du cours de physique pour l’acoustique, le magnétisme et l’optique, Gay-Lussac, titulaire de la chaire de physique, enseignant la chaleur, les gaz, l’hygrométrie, l’électricité et le galvanisme. Il est rappelé aux fonctions de professeur d’astronomie en mars 1826 et c’est Claude Pouillet qui reprend ses enseignements pour le cours de physique. Il est doyen de la Faculté des sciences de Paris à partir de 1840, succédant à Louis Jacques Thénard. Il est mis à la retraite comme professeur de la faculté des sciences en 1849 et y est nommé professeur honoraire.

Missions scientifiques  

Biot est chargé de plusieurs missions scientifiques, en particulier en tant qu’astronome-adjoint (1806) puis titulaire (1825) du Bureau des longitudes. En juin 1803, à la demande du ministre de l’Intérieur Chaptal, il se rend à L’Aigle (Orne), où une météorite était tombée le 26 avril 1803, et fait un rapport considéré comme la première preuve de l’origine non terrestre des météorites. Il fait, à la demande de l’Institut de France, en 1804 une périlleuse ascension aérostatique avec Gay-Lussac, à l’altitude de 13 000 pieds (environ 4 000 mètres), afin d’étudier les caractéristiques magnétiques, électriques et chimiques de l’atmosphère. En août 1806 il est chargé par le Bureau des longitudes, conjointement avec Arago, secrétaire du Bureau, de continuer la mesure d’un arc de méridien en France et en Espagne commencée par Pierre Méchain. En août 1808 il est chargé par le Bureau, conjointement avec Claude-Louis Mathieu, de déterminer la longueur du pendule à Bordeaux. Une mission similaire lui est confiée en 1817 pour la mesure du pendule en Écosse et aux Îles Shetland, puis en Illyrie et aux Îles Baléares en 1824-25. En 1817, il est envoyé avec Arago à Dunkerque pour déterminer la latitude, concurremment avec une commission anglaise.

Décorations 

Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur par Louis XVIII en 1814, puis par Napoléon en 1815, puis officier en 1823 et commandeur en 1849, ainsi que chevalier de l’ordre de Saint-Michel en 1821 et chevalier de l’ordre prussien Pour le Mérite dans les sciences et les arts en 1850.Il est lauréat de la médaille Rumford en 1840.

Comités, conseils et jurys

Biot est examinateur d’admission à l’École polytechnique de septembre 1799 à 1806. Il est ensuite membre du conseil de perfectionnement de l’École polytechnique de 1817 à 1821, inspecteur des études des écoles royales militaires de Saint-Cyr et de la Flèche de 1821 à 1830, membre du jury central de l’exposition des produits de l’industrie en 1823, membre du jury pour l’admission des élèves aux écoles polytechnique et de Saint-Cyr en 1825, et est nommé membre du Conseil académique en juin 1840.

 Sociétés savantes 

Biot est nommé membre correspondant de la Société philomathique de Paris en 1796 et titulaire en 1801, membre associé de la section de géométrie de l’Institut de France (puis Académie des sciences), et membre titulaire le 11 avril 1803. Il est également membre correspondant de l’Académie des sciences, lettres et arts de Turin (1804), membre correspondant de l’Académie des sciences de Lucques (1806), membre correspondant de l’Académie royale des sciences de Munich (1808), membre de la Société royale de Londres (1815), membre de l’Académie royale des sciences de Stockholm (1816), membre honoraire de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg (1818), membre correspondant de l’Académie des sciences de Naples (1818) ; membre correspondant de l’Académie royale de Lucques (1818) ; membre de la Société philosophique de Cambridge (en) (1820) ; membre de l’Académie royale de Berlin (1820) ; membre de la Société helvétique des sciences naturelles (1820) ; membre honoraire de la Société royale pour l’encouragement des sciences, des lettres et des arts d’Arras (1821) ; membre de l’Académie américaine des arts et sciences de Boston (1822) ; membre étranger de la Société italienne des sciences résidant à Modène (1822) ; membre honoraire de la Société météorologique de Londres (1824) ; membre honoraire de l’Académie des sciences naturelles de Catane (1825) ; membre non résidant de l’Académie des sciences et belles-lettres de Palerme (1827) ; membre étranger de l’Académie de Palerme (1828) ; membre honoraire de l’Académie royale de Messine (1829) ; membre de la Société pour l’avancement des sciences naturelles de Halle (1829) ; membre de la Société royale astronomique de Londres (1832) ; membre de la Société royale des sciences d’Uppsala (1836) ; membre honoraire de la Société littéraire et philosophique de Saint-Andrews, Écosse (1838) ; membre correspondant de la Société littéraire et historique de Québec (1839) ; membre libre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres de France (1841) ; membre honoraire de la Société littéraire et philosophique de Manchester (1843) ; membre correspondant de l’Académie royale de Milan (1844) ; membre de la Société académique de l’Oise (1845) ; membre correspondant de l’Académie pontificale des Lincei de Rome (1850) ; membre correspondant de l’Académie des sciences de Bologne (1851) ; membre de l’Académie française (1856) ; membre correspondant de l’Académie des sciences, lettres et arts de Venise (1857) ; membre correspondant de l’Académie royale des sciences, lettres et arts de Modène (1858) ; académicien étranger pour la classe physicomathématique de l’Académie royale des sciences de Turin (1860) ; membre étranger de l’Académie impériale des sciences de Vienne (1860) ; membre correspondant de l’Académie des sciences naturelles de Cherbourg (1861).

 Travaux scientifiques

Biot est notamment connu pour avoir étudié et établi avec Jean-François Persoz les lois de la rotation du plan de polarisation de la lumière traversant une solution liquide. Partant de ces résultats, il utilise le saccharimètre2 pour déterminer la nature et la quantité de sucres présents dans une solution. Il formule également, avec Félix Savart, la loi de Biot-Savart, qui donne la valeur du champ magnétique produit en un point de l’espace par un courant électrique en fonction de la distance de ce point au conducteur.

Famille

Marié à Gabrielle Brisson, fille de l’avocat Antoine Brisson et de Marie-Élisabeth Le Caron de Troussures, il est le père de l’ingénieur et sinologue Édouard Biot.

Hommages

Le minéralogiste allemand Johann Friedrich Ludwig Hausmann lui a dédié une espèce minérale, la biotite, en hommage à son travail sur les lois optiques permettant de classer la famille des micas.

Il existe une rue Biot à Paris dans le 17e arrondissement de Paris3. Il existe une rue Biot à Beauvais, près de la cathédrale. Une rue Jean-Baptiste Biot se situe également dans la zone industrielle Nord de Perpignan.

Une rue Jean-Baptiste Biot existe également à L’Aigle dans l’Orne, où un fragment de la célèbre météorite, tombée dans ses environs en 1803 est exposé, ainsi que des panneaux  retraçant l’histoire de la météorite de L’Aigle et du phénomène des chutes. (Se renseigner en mairie).

Ami de Louis Pasteur, il en favorise la carrière.
Il décède à l’âge de 88 ans, le 3 février1862, au Collège de France.

Le biot (Bi) est une unité de courant électrique qui vaut 10 A.