Association de sauvegarde du patrimoine Aiglon

Église Saint Jean de L’Aigle – Une rénovation en marche.

 

 

Septembre 2016.

Le projet de rénovation de l’église Saint-Jean de L’Aigle est devenu réalité.

Depuis le diagnostic lancé en 2014, réalisé en 2015, la municipalité de L’Aigle, soutenue par les Amis de L’Aigle, la Direction Régionale des Affaires Culturelles et la Fondation du Patrimoine est passée à l’action et une première tranche de travaux va démarrer dans les prochaines semaines.

S’il avait été évident de constater que des années d’abandon avait engendré un état alarmant de la couverture, des altérations structurelles favorisant les infiltrations, des tassements et des fissurations. L’analyse du bâtiment a confirmé de nombreuses pathologies. La charpente, pourtant datée de 1555, avait bien résisté aux outrages du temps et ne nécessitait que des remplacements ponctuels, mais la couverture était à reprendre entièrement en priorité.

À cette occasion il fallait repenser un point délicat de la toiture, le contrefort, à la jonction de la chapelle romane originelle et de son extension par la nouvelle nef, était à l’origine de désordres lourds de conséquences.

C’est donc toute cette partie de la toiture, la plus ancienne, la plus fatiguée et qui abrite notamment les éléments les plus remarquables, le chœur et son retable, qui va voir les premiers travaux.

Sur les plans et documents joints, il vous sera facile de comprendre le pourquoi et le comment de ces interventions.

Il est à noter que les résultats de l’appel d’offres nous ont permis de retenir un des meilleurs architectes en chef du patrimoine, Daniel Lefèvre. À la tête d’un brillant cabinet d’architecture spécialisé dans la restauration du patrimoine, intervenu dans des centaines de chantiers prestigieux (un des derniers en date est la restauration de la coupole du Panthéon) et , qui plus est, membre honoraire de notre association les Amis de L’Aigle depuis sa création.

Une convention a été signée entre la Municipalité, la Fondation du Patrimoine et les Amis de L’Aigle afin de lancer une campagne de mécénat pour participer financièrement à cette restauration. Pour tous les aiglons et tous les amis du patrimoine c’est l’occasion d’apporter sa pierre à l’édifice, geste associé à une déduction fiscale, et de sauver une des richesses de notre ville. La plaquette de la FONDATION DU PATRIMOINE explique le fonctionnement et la défiscalisation de votre don.

Si nous apprécions d’habiter une ville bien vivante, active et agréable, c’est parce que les générations passées nous ont laissé une richesse architecturale, un patrimoine bâti et un environnement que nous ne voyons plus parce que nous ne le regardons pas.

Les trop rares visiteurs de notre belle cité sont unanimes. Cet été, un couple de touristes me confiait «  le charme de votre ville mériterait une réelle mise en valeur, car elle vaut vraiment le détour. Plus vivante que certaines villes d’art et plus authentique que certaines villes de caractère, vous devriez le faire savoir, vous auriez tout à y gagner ! » C’est dit !

Relevons ensemble ce challenge.

Association « Les Amis de L’Aigle »

17 rue de la Madeleine – B.P.187 – 61305 L’AIGLE cedex.

 

RESTAURER UNE EGLISE … TOUS CONCERNÉS ! !

Un clocher, dans un environnement urbain ou rural, est un repère sécurisant, une référence à des valeurs, un ancrage dans des souvenirs. Pratiquant ou pas, entrer dans une église est souvent lié à une recherche de calme, de réflexion, de sécurité, d’isolement, de sérénité, de paix. Si les églises sont ouvertes toute la journée, cela peut être perçu uniquement par prosélytisme, c’est pourtant pour que tout un chacun y trouve un lieu de recueillement, de ressourcement et de paix intérieure.

Ci après, un extrait de « patrimoine en blog » un site remarquable dédié à la protection et à la sauvegarde des lieux de culte :

En dix-huit ans de campagne, le mécénat de l’hebdomadaire Pèlerin, « Un patrimoine pour demain », fourmille d’exemples de personnes, souvent seules au départ, qui réussissent à mobiliser la population puis à convaincre l’équipe municipale de sauver une église ou une chapelle. Mon expérience au service de cette opération de mécénat m’a prouvé maintes fois que ce n’étaient pas les communes les plus riches qui parvenaient le mieux à sauvegarder leur patrimoine, ni les plus pauvres et les moins habitées qui n’y parvenaient pas. Je suis convaincu, pour avoir rencontré tant de « miracles », qu’il n’existe pas de fatalité à ce sujet.

À la question « Que préféreriez vous qu’il arrive à une église désaffectée ? » Un récent sondage répondait : 48% affectée à d’autres effets, 45% conservation patrimoniale, 1% destruction, 6% divers

La révolution française a détruit, brûlé, détourné de nombreux lieux de cultes et guillotiné autant de prêtres… le XIX° n’a jamais vu autant de constructions d’églises. Méfions nous du temps présent et de l’analyse que nous en faisons, à l’échelle de l’humanité nous ne sommes qu’une minuscule fraction de seconde.

Entretenir l’héritage est aussi important que de bâtir l’avenir. Notre avenir deviendra l’héritage des générations futures.

On recense près de 55.000 clochers en France. Quelques églises sont détruites, 277 depuis 1905 dont 28 depuis 2000, essentiellement dans d’anciens quartiers industriels en déshérence, au grand dam des populations concernées. Pourtant on en restaure plus qu’on en abandonne ou qu’on en démolit, 2725 depuis 2010 lancées via la Fondation du Patrimoine. C’est un fait qu’il faut constamment rappeler, et qui prouve que l’abandon et la démolition doivent rester très exceptionnels.

Cela correspond bien à ce besoin de valeurs, de références, de pérennité, de plus en plus recherché dans notre monde d’aujourd’hui, notamment chez les jeunes (cf. les Journées Mondiales de la Jeunesse), ne serait-ce que pour s’opposer au fanatisme, à l’obscurantisme et à leurs cortèges funèbres.

Les églises de nos campagnes se sont vidées, mais nos campagnes se sont vidées. Dans les villes, ce n’est pas le cas, on en construit sans cesse de nouvelles, 1886 depuis 1905. Après la baisse des pratiques religieuses, ces transfert des populations sont la deuxième cause des transferts de la pratique religieuse.

Restaurer c’est donc bien préparer l’avenir.